Sanctuaire des Annapurnas : 9 jours d’aventures

Sanctuaire des Annapurnas : 9 jours d’aventures
Sommaire afficher

Trekkeur confirmé ou randonneur occasionnel le Népal est un paradis pour les passionnés de montagne. Sur les 14 sommets au monde qui dépassent 8000 mètres, 9 se trouvent au Népal ! La mythique chaîne de l’Himalaya culmine avec le mont Everest à 8850 mètres d’altitude.

Avant de nous lancer à l’assaut du plus haut sommet du monde et en attendant d’avoir le budget (70 000 dollars en moyenne tout de même), les sommets népalais ont de quoi satisfaire notre soif de challenge avec un trek simple et accessible pour des débutants : le Sanctuaire des Annapurnas

Sur cet article nous allons vous faire part de notre expérience jour par jour avec nos conseils, nos galères, nos plus belles images et tous les conseils pratiques pour préparer votre voyage. On espère que cet avant goût vous donnera envie de vous lancer dans la conquête des sommets népalais !

  • Un beau trek pour débuter

Il est aussi connu sous le nom du camp de base des Annapurnas ou encore ABC (Annapurnas Base Camp). L’arrivée se trouve à 4130 mètres d’altitude. Ne confondez pas ce trek avec Le Tour des Annapurnas (ou Circuit des Annapurnas) qui est un parcours différent, plus long et plus haut (jusqu’à 5400 mètres d’altitude).

C’est l’un des treks les plus réputés. Vous n’avez pas besoin d’être un expert trekkeur pour partir à l’aventure. Nous sommes en bonne condition physique, sans être très sportifs, et nous l’avons fait sans grande difficulté.

  • Des paysages sublimes

Si ce trek est si réputé, c’est parce qu’il est très beau. Attendez vous à contempler des cascades et des rizières, à traverser des ponts suspendus, à croiser des buffles, à gravir des marches à n’en plus finir et à vous détendre dans des sources d’eau chaude… le tout avec en toile de fond un panorama magique sur des sommets enneigés. Nous ne nous attendions pas à autant de diversité de paysages. Les levers de soleil subliment l’ensemble tous les jours.

  • Une expérience humaine

Sur le chemin, vous allez rencontrer des locaux et des trekkeurs venus de tous les coins du globe. Ils vous lanceront un sourire et un Namaste en passant (traduisez par “bonjour” et “au revoir” à la fois, pratique). Nous gardons aussi de très bons souvenirs de nos échanges avec les népalais. Les rencontres se font facilement attablés sur les terrasses des restaurants ou autour d’une cheminée les jours des pluies.

Trek du sanctuaire des Annapurnas, récit jour par jour et en images

JOUR 0

Kathmandu – Pokhara :
Derniers préparatifs avant le départ

Après une nuit à Katmandou, nous arrivons à Pokhara. La ville est un carrefour de marcheurs qui partent ou qui reviennent du trek du camp de base des Annapurnas. 

C’est ici qu’on se procure le permis de trek et dans une de ses nombreuses boutiques au bord du lac, l’équipement qui nous manque : un petit sac et une protection pour la pluie. Nous empruntons des bâtons de marche dans notre auberge pour éviter de les acheter.

Notre équipement est au complet, il ne nous reste plus qu’à préparer les sacs. Nous prenons le strict minimum. Le surplus restera à Pokhara dans notre auberge avec notre gros sac de voyage. Chaque fois que nous avons vu des marcheurs en sueur avec des sacs énormes sur le dos, nous pensions au moindre petit gramme laissé derrière nous avec fierté. Ne commettez surtout pas leur erreur, vous risquez de le regretter.

Nous voilà prêts à partir. On commande le taxi pour le lendemain. Un mélange d’excitation et d’appréhension nous envahit. Hâte de commencer ce trek.

Trek du camp de base des Annapurnas - Népal
Trek du camp de base des Annapurnas - Népal

JOUR 1

Pokhara – Nayapul – Ulleri :
Arnaque à éviter à l’entrée du trek

Départ aux aurores, direction Nayapul, le point de départ du trek. La route est très endommagée, le taxi-jeep fait des bonds dans tous les sens. Nous comptions terminer la nuit, c’est raté.

Une autre option pour faire ce trajet existe : le bus local. C’est plus économique et plus authentique mais sans le savoir nous avons fait un choix judicieux. Ce jour là, le bus est tombé en panne : plus de trois heures à attendre avant de repartir !

Notre voiture nous dépose à Nayapul. Le village regorge de petits restaurants et commerces. Nous prenons le premier Gurung (pain frit au fromage) d’une longue série avant de partir à l’aventure.

Très vite nous arrivons face à ce que nous pensons être l’entrée officielle du trek. Attention arnaque ! Si on vous demande d’inscrire votre nom sur un carnet et de payer pour traverser, continuez votre chemin. Le check-point officiel se trouve plus loin et vous n’avez aucun frais à payer. Seul votre permis de trek vous sera demandé.

Checkpoint - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Le véritable checkpoint (officiel) à l’entrée du trek.

Une fois enregistrés, nous apprenons que nous sommes parmi les tout premiers marcheurs de la journée : la montagne est à nous ! C’est parti pour 9 jours de marche, 90 km, seuls sans porteur et sans guide.

Cette première étape n’est pas la plus simple. Elle est très ascendante. On souffre mais les panoramas valent le coup et nous remotivent à chaque baisse de régime. Nous traversons des villages, des ponts suspendu et de belles rizières.

Notre étape du jour se termine à Ulleri. Nous arrivons quelques minutes avant le début de la pluie. Timing parfait ! C’est l’heure de se reposer. Nous nous installons dans un  restaurant avec vue magnifique sur les montagnes. On goûte notre premier Dal Bhat, plat national du Népal. C’est délicieux et toujours à volonté, parfait pour se préparer pour le lendemain !

Restaurant au milieu des montagnes - Trek Annapurnas

Vous n’aurez aucun problème pour trouver une table « avec vue ».

Dhal Bhat, plat national népalais - Trek Annapurnas

Le Dal Bhat (riz et soupe aux lentilles) est toujours à volonté !

Jour 2

Ulleri – Ghorepani :
Un carrefour de globetrotteurs trekkeurs

Réveil à 7h00 du matin. Ce sera l’heure de notre réveil quotidien. Nous sommes en période de pré-mousson (fin mai, début juin) avec des averses en début d’après-midi. En commençant tôt, nous avons réussi notre pari : marcher sous le soleil tous les jours en passant à travers les gouttes, un exploit !

Au moment du petit-déj nous discutons avec nos voisins de table, chacun évoque les raisons d’entreprendre ce trek. Un brésilien nous confie les siennes :  “to be away from my life and my wife” (être loin de sa vie et de sa femme). Chacun ses motivations !

Trêve de bavardages, il est temps de se mettre en route pour cette deuxième étape. Elle nous paraît plus simple que celle de la veille. Notre corps commence certainement à prendre le rythme. Les chemins sont de plus en plus étroits et les panoramas sont toujours aussi beaux.

Un joli portail nous indique l’arrivée à Ghorepani. Nous avons pas mal d’avance sur l’estimation de Maps.me (application mobile avec des cartes hors ligne), ça fait toujours plaisir. Le village est assez grand : on y trouve plusieurs lodges, de nombreux restaurants et même des bars avec billard.

Nous repérons une jolie lodge avec une cheminée au centre de la pièce commune. Ce feu invite les voyageurs aux discussions, l’ambiance est très conviviale. Des trekkeurs de tous les pays discutent :  l’anglais, le français, le chinois et l’espagnol se mélangent au son de la pluie. 

La tempête s’abat sur le village. Averses, vent, grêle. Je plains les trekkeurs qui continuent d’arriver. Parmi eux, un voyageur que nous avions rencontré à Katmandou. Il nous raconte ses premiers jours : bus local en panne, première journée sous la pluie, deuxième jour sous la grêle… quel enfer. Nous nous rendons compte que nous avons bien fait d’avoir prévu le coup en partant tôt.

Portail d'arrivée à Ghorepani - Trek Annapurnas

Portail d’arrivée à Ghorepani à 2874 mètres

Tempête - Trek Annapurnas

Du soleil à la tempête en quelques heures. Marchez couverts !

Jour 3

Ghorepani – Poon Hill :
Deux points de vue magiques

Réveil à 4h30 pour grimper jusqu’à Poon Hill et contempler le lever du soleil. Cette étape est assez connue des trekkeurs : un point de vue clef pour ceux qui font un trek assez court ou un joli détour pour ceux qui font une plus longue marche.

Il fait nuit noire. Juste avant d’entamer la montée, il faut s’acquitter du droit d’accès, quelques roupies. Nous ne sommes pas les seuls à être debout aux aurores : des dizaines de lampes de poches et des flashs de téléphone s’illuminent.

Arrivés à 3210 m d’altitude, la vue est magnifique même si une légère brume masque le panorama. Les sommets s’éclairent petit à petit. Nous ne pouvons pas nous arrêter de prendre des photos tellement le paysage est changeant.

Une fois le soleil levé, nous redescendons à Ghorepani. La route est longue avant d’arriver à Chiule. Très vite nous tombons sur un point de vue aussi haut que celui de Poon Hill. Cette fois-ci le ciel est complètement dégagé : la vue est à couper le souffle.

Nous restons un petit moment à admirer le panorama avec en fond sonore une musique népalaise qui résonne dans l’enceinte portable d’un jeune népalais. Elle se marie bien avec le paysage. Nous lui demandons de nous écrire le titre sur un bout de papier : Malai angali deu-Kripa unplugged.

Incroyable vue - Trek du sanctuaire des Annapurnas
Incroyable vue - Trek du camp de base des Annapurnas

Nous poursuivons notre chemin. Cette étape sera une de nos préférées. Le parcours est plutôt plat ou descendant et longe un petit ruisseau. Le chemin est ombragé et tapissé de fleurs roses. L’ensemble est très agréable. 

Arrivés à Chiule, nous tombons sur une lodge disposant d’une immense esplanade verte. Vide en basse saison, elle sert de terrain de camping en haute saison. Nous sommes les seuls de toute la lodge ! La famille qui nous accueille est très sympa et la nourriture délicieuse : un Dal Bhat exquis et très bien présenté.

Juste devant notre chambre, des népalais assez âgés étalent des herbes au soleil pour les faire sécher. Ils essaient de nous parler. Nous essayons de discuter avec des signes pendant un petit moment sans vraiment nous comprendre. On finit par tous éclater de rire. On adore.

Fleur sur le chemin - Trek Annapurnas

Jour 4

Chiule – Sinuwa :
Rencontres inattendues sur le chemin

Il fait beau, comme tous les matins. Cette étape est faite de montées et de descentes successives. Chaque journée nous paraît plus simple que celle de la veille, notre corps s’habitue à l’effort étape après étape.

Les challenges changent. Nous croisons beaucoup de buffles, des ânes et même des chevaux aux tresses multicolores. Il ne faut pas hésiter à les contourner en évitant de trop penser au ravin sur le côté.

Cheval - Trek du sanctuaire des Annapurnas
Âne - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Arrivés à Chomrong nous passons par le deuxième check-point depuis le début du trek. Les marcheurs qui partent ou reviennent du camp de base des Annapurnas sont recensés ici. Au même endroit, vous trouverez un tableau avec les prévisions météo. Le tableau annonce 5C° à ABC (Annapurnas Base Camp). Nous sommes bien contents d’avoir prévu des doudounes même si elles ont été inutiles jusque là.

C’est sur cette nouvelle toute fraîche que nous entamons une longue descente avec des escaliers interminables. Nous ne pouvons pas nous empêcher d’imaginer le retour en sens inverse… nous n’avons pas particulièrement hâte.

Arrivés à Sinuwa nous faisons la connaissance d’un marcheur italien, Mikele et de Dev, son guide. Ce dernier nous raconte son histoire et son quotidien avec un grand sourire. Il aime son métier et ça se voit. Il a commencé à parcourir la montagne en tant que porteur avant de devenir assistant guide puis guide indépendant. Il connaît la montagne comme sa poche d’autant plus que c’est aussi sa maison : hors saison, il est fermier dans un village près de l’Everest. Il n’arrive pas à nous dire combien de fois il a atteint le camp de base des Annapurnas : il a perdu le compte depuis bien longtemps.

Rencontres - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Dev connaît les Annapurnas comme sa poche. C’est sa maison.

Jour 5

Sinuwa – Deurali :
ABC se rapproche, MAM (Mal aigu des montagnes) aussi

Le paysage change sur cette cinquième étape. Nous traversons plusieurs petits ponts en bois peu stables et nous tombons sur quelques cascades qui s’écoulent le long des rochers.

La neige commence aussi à apparaître mêlée à de la terre. Le camp de Base des Annapurnas (ABC), n’a jamais été aussi proche. Les premiers panneaux qui indiquent  “Warning : avalanche and landslide area” (danger : zone d’avalanches) nous le confirment.

Arrivés à Deurali, nous nous installons dans une auberge au joli nom de “Shangrila”. Ne vous attendez pas au confort de la chaîne d’hôtel de luxe du même nom, le logement est plutôt spartiate mais très convivial. L’espace commun sert aussi de dortoir à des népalais qui se blottissent sous des couvertures pendant notre dîner.

En prévention du MAM (Mal Aigu de Montagnes), nous n’avons pas bu d’alcool depuis le début notre trek et nous nous sommes bien hydratés chaque jour : les 3 litres d’eau recommandés par jour et par personne ne sont pas de trop. On décide de mettre toutes les chances de notre côté en tentant un remède local en complément : une soupe à l’ail, et tant pis pour l’haleine !

Alerte avalanches - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Premier pas dans la zone d’avalanches !

Gurung bread - Trek du camp de base des Annapurnas

Soupe à l’ail et Gurung bread, remède local contre le mal de montagnes.

L’odeur n’a pas l’air de déranger nos voisins de table. Nous discutons avec un guide de  22 ans qui nous impressionne : il fait ce métier depuis ses 18 ans en parallèle de ses études et parle 5 langues couramment en plus de plusieurs dialectes népalais et indiens. Il s’essaie à quelques mots en français, avec succès.

Il ne faut pas trop traîner à table, le lendemain nous partons pour l’aventure. Nous venons d’apprendre qu’une avalanche a détruit le village du camp de base des Annapurnas et qu’un seul logement a résisté. Nous allons nous y rendre directement le lendemain pour tenter le coup et dormir sur place. La plupart des voyageurs avec qui nous discutons ont plutôt prévu de s’arrêter à MBC (Machhapuchhare Base Camp) pour remonter au camp le lendemain matin.

Cascade - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Cette cascade vous accueille à l’arrivée à Deurali.

Jour 6

Deurali – ABC :
Nuit au frais dans un village détruit par les avalanches

C’est enfin le grand jour, dernière étape avant d’atteindre notre objectif : le camp de base des Annapurnas. Sans surprise cette étape est magnifique. Nous apercevons très vite les sommets enneigés. Chaque fois que nous faisons un pas de plus, la perspective change et les paysages en premier plans varient : des rivières, des fleurs, des rochers. L’ensemble est extrêmement photogénique.

Trek ABC (Annapurnas Base Camp)

Sur le chemin nous croisons des oiseaux multicolores mais surtout plusieurs porteurs népalais. Ils portent sur leur dos d’énormes poutres en bois. Il s’agit du matériel nécessaire pour reconstruire le camp détruit par une avalanche. Au dessus de ces porteurs, un hélicoptère vole dans le ciel. Il dépose les touristes venus au camp pour prendre une photo avant de repartir. Le contraste est saisissant.

L’arrivée n’est plus qu’à quelques mètres. NAMASTE. Un panneau entouré de drapeaux de prières colorés nous attend et nous indique que nous sommes arrivés. Nous sommes fiers d’être arrivés jusque-là pour notre tout premier trek !

Arrivée au camp de base des Annapurnas

Arrivés à ABC. Premier défi de notre tour du monde réussi !

Entourés de sommets, nous nous reposons face à un panorama splendide. Le ciel se couvre rapidement au vu de l’heure. Il faudra attendre le lendemain matin pour profiter une deuxième fois du spectacle, cette fois-ci avec la lumière du lever du soleil. De la neige commence à tomber ! On ne s’attendait pas à ça. Nous voyons au loin des porteurs continuent de monter sous la neige, chargés de lourdes poutres de bois…

Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité et pas de wifi sur place. Il n’y a pas vraiment de fenêtre non plus dans la salle commune.  Il fait très froid. Ce sera Dal Bhat et thé au lait pour nous réchauffer.

Alors que la neige s’intensifie dehors, nous apprenons les règles du jeu de cartes « président » à Dev, le guide népalais rencontré plus tôt. Mikele est de la partie, le seul voyageur à avoir pris le risque de dormir sur place. On se marre bien. Les autres locaux se chamaillent et rigolent en jouant à un jeu d’argent.

Nous ne tardons pas à aller au lit. Il fait vraiment froid, nous dormons avec nos doudounes, nos polaires et et deux couvertures chacun.

Porteurs - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Les porteurs chargés de poutres pour reconstruire le village détruit. Respect.

Sommets enneigés - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Jour 7

ABC – Sinuwa :
Lever de soleil au milieu des sommets

Réveil à 5h du matin. Les sommets s’éclairent petit à petit. Le spectacle est magique et apaisant. Nous sommes les seuls à en profiter. Les marcheurs qui ont passé la nuit plus bas, à MBC (Machhapuchhare Base Camp), sont encore en route. La neige de la veille les a certainement ralentis.

Conseil pratique pour immortaliser le moment : prévoyez plusieurs batteries et rechargez-les régulièrement. Plus vous montez et plus l’électricité et les prises deviennent une denrée rare. Le froid a aussi tendance à les décharger assez rapidement.

Après avoir profité en silence du spectacle, nous entamons la descente. La neige commence à fondre avec le soleil ce qui va nous valoir quelques glissades et des rires avec des népalais qui descendent les pentes sur les fesses.

La retour continue de nous gâter. La lumière sur les sommets et les reflets des montagnes sur l’eau stagnante sont sublimes. Nous sommes en forme et décidons de continuer la descente jusqu’à Sinuwa.

Camp de base des Annapurnas - Népal
Trek du camp de base des Annapurnas - Népal

Jour 8

Sinuwa – Kyumi :
Les sources d’eau chaude à Jinhu (bien méritées)

Après un bon Gurung bread pour le petit dej, on se met en route. C’est le moment que nous redoutions : nous arrivons au niveau des marches interminables de Chomrong que nous avons descendu à l’aller. Un conseil : ne regardez pas au loin en les montants, ça risque de vous décourager.

Finalement, grâce à nos sacs assez légers nous montons les marches sans trop souffrir. Nous passons par le check-point pour indiquer que nous sommes bien descendus du camp de base des Annapurnas !

Notre descente continue jusqu’à Jinhu, un village mignon et assez fréquenté car il se trouve à quelques minutes des sources d’eau chaude. Nous nous y rendons directement pour éviter la foule. Il est assez tôt. Trois petits bassins à côté d’une rivière au fort courant nous attendent. Un homme assez âgé (c’est un peu le manager de ces sources), s’occupe d’encaisser les quelques roupies d’accès. Il est très sympa et va certainement entamer la discussion avec vous.

Sources d'eau chaud à Jinhu - Trek du sanctuaire des Annapurnas

3 petits bassins d’eau chaude vous attendent à Jinhu.

Après cette parenthèse de détente, nous continuons notre route. Nous avons décidé de ne pas nous arrêter à Jinhu. Si c’était à refaire, nous choisirons de passer une nuit sur place pour profiter une dernière fois de la vue, se reposer et discuter avec d’autres marcheurs avant de se rapprocher des villes.

Nous passons par New Bridge et traversons un énorme pont suspendu. La panneau à l’entrée nous fait sourire : « prière de s’arrêter lorsque les ânes traversent le pont ». Décidés à rentrer rapidement, nous continuons notre descente et arrivons à Kyumi, le dernier village avant la première station de bus local pour descendre. Si vous voulez écourter votre trajet, vous pouvez aussi réserver une voiture avant.

Malheureusement nous ne pouvons pas partir le jour même : les bus ont été annulées à cause d’une grève. Nous dormons dans une des deux lodges disponibles. On ne peut pas éviter de comparer : en se rapprochant de la ville, les népalais semblent plus commerçants, moins accueillants et la nourriture est moins bonne.

New Bridge - Trek du sanctuaire des Annapurnas

New Bridge

Jour 9

Kyumi – Siwai – Pokhara :
Fin du trek, retour en bus (expérience haute en couleur)

C’est le moment de rentrer. Derniers pas avant d’arriver aux alentours de 8h00 du matin à Siwai. Nous nous posons à la terrasse d’un café, le départ du bus est prévu à 9h00.

Le bus arrive, il est très coloré ! A l’intérieur des déco pendouillent dans tous les sens, la musique locale résonne à fond et un moulin à prière tourne à côté du chauffeur. Nous sommes les seuls touristes.

Nous allons en voir de toutes les couleurs. Le bus ne cesse de faire des bonds à cause de l’état des routes, on passe à quelques centimètres du ravin. Mieux vaut ne pas trop regarder par la fenêtre. Le chauffeur va assez vite et frôle un autre bus mais semble maîtriser parfaitement la situation. Les passagers semblent sereins. Aléas de la route népalaise, nous avons dû nous arrêter 40 minutes pour cause de travaux sur la route. Une femme en profite pour monter dans le bus et vendre de quoi se restaurer.

Bus - Trek du sanctuaire des Annapurnas

A Nayapul, au niveau du chek-out,  le chauffeur du bus nous demande notre passeport et notre permis de trek. Il va se charger de faire le check-out à notre place.

Après ce long trajet, le bus nous dépose à une station de bus à 30 minutes de marche du centre de Pokhara. On n’est plus à quelques pas près après 9 jours de trek ! À l’auberge, nous retrouvons un grand confort : nos affaires, un bon lit et surtout une vraie salle de bain. On se couche avec des souvenirs plein la tête, fiers d’avoir réussi cette aventure !

Retour en bus - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Quelle sera notre prochaine aventure ?

Trek du sanctuaire des Annapurnas : tout savoir avant de partir (Informations pratiques)

Quelle est la meilleure période pour partir en trek ?

Les périodes les plus prisées sont l’automne (octobre – novembre) et le printemps (mars – avril). C’est à ces dates que vous croiserez le plus de monde et que vous aurez le moins de choix sur les lodges. Elles sont vite bondées. L’été (mai – septembre) est une saison généralement moins recommandée à cause de la mousson (surtout juillet – août). L’hiver est très froid et de nombreux logements ferment.

De notre côté, nous avons décidé de partir en trek fin mai – début juin. C’est un bon compromis pour éviter les foules et avoir le choix sur les logements. Côté météo, nous avons eu beau temps tous les matins. L’après-midi, la pluie était de la partie. Pour l’éviter nous avons adapté notre rythme de marche : départ très tôt sous le soleil pour arriver aux alentours de midi. Nous sommes passés à travers les gouttes tous les jours !

Quelle est la durée du trek ?

Vous avez plusieurs possibilités. Le trek peut durer 9 jours ou beaucoup moins en fonction de votre point de départ. Nayapul est le point de départ classique qui se situe tout en bas des montagnes. Certains choisissent de commencer plus haut en parcourant une partie en jeep. La durée peut varier si vous décidez d’inclure le point de vue “Poon Hill” dans votre parcours. Enfin, comme pour le départ, vous avez plusieurs choix pour votre retour (en jeep ou en bus local), ce qui peut écourter ou allonger le temps de marche.

De notre côté, nous avons choisi de partir de Nayapul, de faire le détour à Poon Hill et de repartir de Siwai. Au total, nous avons marché pendant 9 jours.

Faut-il un guide de montagne ?

Le guide est là pour vous indiquer le chemin et vous assister en cas de problème. Certains vous parleront de la culture népalaise. Les guides au Népal ont souvent un parcours défini et des accords avec certains restaurants et/ou logements.

Un guide est une bonne option si vous n’aimez pas marcher seuls. Il peut aussi être rassurant si vous avez peur de vous perdre. Mais sachez que le chemin est très bien indiqué et très fréquenté. Vous croiserez toujours des trekkeurs ou des locaux si vous avez besoin de compagnie ou si vous avez des doutes sur le parcours. Toutes les 45 minutes de marche environ, vous trouverez des lodges et des restaurants.

Nous avons longuement hésité car c’était notre tout premier trek mais nous avons finalement estimé qu’un guide n’était pas nécessaire. Aujourd’hui, nous sommes ravis d’être partis seuls ! Impossible de se perdre, le chemin est très bien balisé. Nous nous sommes aussi sentis libres pour nous arrêter dans les lodges de notre choix et pour marcher à notre rythme. 

Faut-il un porteur ?

Les porteurs sont des locaux qui parlent généralement peu anglais et qui se chargent de porter sur leur dos un ou plusieurs sacs. Les trekkeurs peuvent se contenter de marcher sans charge sur le dos, tout en profitant du paysage. Le porteur peut être utile s’il vous est impossible d’alléger votre sac.

Nous n’avons pas hésité longtemps pour nous décider à partir sans porteur. Nous avons pris le strict minimum dans notre sac et avons laissé les affaires superflues  gratuitement  dans notre auberge à Pokhara (voir plus bas).

Guide et porteur, notre recommandation en quelques mots

Vous l’aurez compris, après avoir pris connaissance des tarifs (notre budget étant assez restreint) et après s’être renseigné auprès d’autres trekkeurs, nous décidons de partir seuls sans guide, sans porteur et sans passer par une agence. Ce sera l’aventure pour notre premier trek !

Si de votre côté le budget vous le permet, passer par un guide et/ou un porteur est un bon moyen de participer à l’économie locale. Dans ce cas, n’oubliez pas de vous renseigner sur les agences pour vous assurer qu’elles respectent leurs employés : certains porteurs portent jusqu’à 60 kg, d’autres n’ont pas l’équipement adapté pour des longues marches… N’hésitez pas à demander une rencontre avec votre guide avant le départ. Vous allez partir plusieurs jours ensemble, autant que le feeling soit au rendez-vous. Sur le chemin nous avons eu des retours d’expériences très mitigés : des guides super sympas et intéressant, d’autres beaucoup moins.

Quel budget prévoir ?

  • Le prix pour un guide est de 20 à 30 dollars par jour environ
  • Le tarif pour un porteur est de 15 dollars par jour environ
  • La nourriture et les boissons sont plus chères qu’à Katmandou et plus vous gagnez en altitude, plus les tarifs grimpent. Les prix et le menu des restaurants d’un même village sont généralement fixes
  • Le logement peut être gratuit dans certains cas (voir plus bas)

Nous avons fait un beau trek de 9 jours avec un budget très raisonnable. Notre plus grande économie a été faite sur le porteur (135 dollars) et le guide (225 dollars), soit une économie de 360 dollars.

Où dormir ?

Nous avons été agréablement surpris par la qualité des lodges : jolies, plutôt propres, eau chaude, wi-fi. Bien sûr, nous avons aussi fait l’expérience de certaines lodges humides, pas super propres et des douches froides, mais rien d’insurmontable !

Le logement est généralement gratuit si vous mangez sur place ! C’est sur la nourriture que les locaux font l’essentiel de leurs gains. Pour négocier votre nuit gratuite, il faudra arriver idéalement avant les autres trekkeurs (surtout en haute saison) et se mettre d’accord discrètement. Demandez directement une “free-room” (chambre gratuite) en échange d’un déjeuner sur place. Vous aurez plus de chance en proposant de prendre le dîner et le petit déjeuner sur place également.

Quel équipement emporter ?

Ne prenez rien “au cas ou”, nous avons croisé plus d’un trekkeur qui l’a amèrement regretté.

  • Bâtons de marche : essentiels ! Avant le départ nous pensions que c’était un équipement pour des personnes en mauvaise condition physique, nous avions tort.
  • Gourde filtrante ou pastilles pour filtrer l’eau. Pour rappel, l’eau n’est pas (du tout) potable au Népal. Vous ferez des économies et un geste pour la planète en évitant les bouteilles en plastique.
  • L’application Maps.me avec une carte hors-ligne du parcours sur votre smartphone. Le trek est très bien indiqué sur l’application et il vous permet d’avoir une indication sur le temps restant avant chaque étape.
  • Une carte papier par sécurité, une panne de batterie peut arriver à tout moment.
  • Un chargeur solaire et une multiprise. Les prises peuvent être payantes dans certaines lodges.
  • Un sac à viande : sur certaines lodges les draps et les couvertures peuvent en rebuter certains.
  • Une carte SIM locale si vous avez besoin d’internet. En haute saison le wifi peut être payant dans certaines lodges.
  • Le sac de couchage n’est pas indispensable selon nous. Vous pouvez demander plusieurs couvertures si vous avez froid.
  • Une veste imperméable pour les jours de pluies.
  • Une doudoune et une polaire : vous les utiliserez peu mais vous serez contents de les avoir en vous rapprochant du Camp de Base des Annapurnas. Surtout si vous y passez la nuit.
  • Un carnet de voyage, des cartes et un bouquin (idéalement une liseuse) pour vous occuper après les journées de marche.

Pour éviter de vous encombrer, certaines auberges prêtent du matériel laissés par des voyageurs a la fin de leur trek. Nous avons pu récupérer gratuitement des gants, une carte du trek et des bâtons dans notre auberge à Pokhara. N’hésitez pas à nous écrire si vous voulez les coordonnées de l’auberge.

Si vous ne trouvez pas votre bonheur, vous pouvez toujours acheter tout ce qu’il vous faut (à des prix raisonnables) dans la multitude de boutiques qui se succèdent à Pokhara.

Logement (lodge) - Trek du sanctuaire des Annapurnas

Le bilan des 9 jours de marche au Népal

Le Népal était le premier pays de notre tour du monde. Nous avons décidé de commencer en beauté cette aventure par ce trek de 9 jours dans les Annapurnas : nous ne l’avons pas regretté ! Le parcours est parfait pour débuter : il est très bien balisé, la durée est flexible, l’altitude maximale reste raisonnable et les paysages sont sublimes.

C’est une expérience incroyable pour se déconnecter, faire de belles rencontres et même perdre du poids. Bien plus efficace que des mois en salle de sport : nous avons perdu plus de 6 kg chacun à la fin de notre séjour au Népal !

On espère que ce long article (plus de 5000 mots, merci pour votre courage !) vous donne envie de vous lancer dans l’aventure. Ce trek reste sans doute l’un de nos plus beaux souvenirs du Népal. 

Nous n’avons pas attendu longtemps avant de nous relancer dans une longue marche, cette fois-ci en Indonésie : un trek beaucoup plus court (2 jours) mais avec une nuit en tente au milieu des nuages sur un volcan : l’incroyable ascension du mont Rinjani à Lombok (Indonésie). Magique !

Comme toujours, n’oubliez pas de nous laisser un commentaire à la fin de cet article, de le partager ou de vous inscrire à notre newsletter : c’est le meilleur moyen de nous soutenir et de nous motiver à continuer notre projet.

La suite de notre aventure au Népal

Notre voyage au Népal en vidéo

Nos aventures sur Instagram

Partager l’article 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Reçois les plus belles expériences par mail

Pas de spam, promis :)

Merci pour ton soutien. Tu vas recevoir un mail de confirmation

Pin It on Pinterest

Share This